Les vaccins COVID ont-ils tué ? 

La thèse tourne en boucle depuis 2021. Vous l’avez lue. Vous l’avez peut-être même partagée, ou reçue d’un proche, avec une certitude dans la voix que la vérité officielle dissimule quelque chose. Elle dit, dans ses versions les plus modérées, que les vaccins contre le Covid ont provoqué des effets indésirables graves. Dans ses versions les plus affirmées, elle dit qu’ils ont tué, en masse, et que les institutions ont menti.

C’est une accusation sérieuse. Elle mérite une réponse sérieuse.

Pas une réponse d’autorité, du genre « faites confiance aux experts ». Pas non plus une réponse émotionnelle, du genre « comment osez-vous ». Une réponse scientifique : des données, des chiffres, une méthode, celle pratiquée sur ce site.

Je voulais faire cet articles depuis longtemps mais comme vous le savez peut être déja et comme je le pratique avec la méthode C.R.I.T.I.C j’attends toujours d’avoir des données, sérieuses, vérifiées et indépendantes pour réaliser un article.

Ces données existent maintenant. Et elles sont sans ambiguïté.

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Ce que la science doit faire pour répondre à cette question

Avant de parler chiffre il est important de comprendre comment on répond à une telle question de façon objective et sans subir de biais cognitif, de façon scientifique donc, pour répondre à la question “ce vaccin a-t-il tué des gens?” il faut bien sûr une méthode.

Il y a une seule façon honnête d’y répondre : comparer deux groupes similaires, l’un exposé au produit, l’autre non, et mesurer la mortalité dans les deux. Si le groupe exposé meurt plus, le signal existe. S’il meurt autant, il n’y a pas d’effet. S’il meurt moins, le produit protège.

Ce type d’analyse s’appelle une étude de cohorte. Quand elle est bien construite, avec un grand nombre de personnes et une durée de suivi suffisante, elle permet de répondre à des questions que les essais cliniques initiaux ne peuvent pas toujours trancher, faute d’effectifs ou de recul.

Pour les vaccins Covid, nous avons maintenant ce recul. Quatre ans. Plusieurs dizaines de millions de personnes. Des résultats publiés dans des revues à comité de lecture international.

Les voici.

L’étude française qui clôt le débat sur la mortalité

En décembre 2025, EPI-PHARE, le groupement scientifique associant l’ANSM et la Caisse Nationale d’Assurance Maladie, a publié dans JAMA Network Open une étude de cohorte nationale construite à partir du Système National des Données de Santé.

La population : 28 millions de Français âgés de 18 à 59 ans. 22,8 millions vaccinés, 5,9 millions non vaccinés. Suivi médian : 45 mois, jusqu’en mars 2025.

Le résultat principal : les personnes vaccinées présentaient un risque de décès toutes causes confondues réduit de 25 % par rapport aux non-vaccinées. Pas une tendance. Pas un signal faible. Un écart de 25 % sur quatre ans, confirmé après ajustement sur 41 comorbidités et les caractéristiques sociodémographiques.

La mortalité liée au Covid-19 spécifiquement était, elle, inférieure de 74 % dans le groupe vacciné.

Et maintenant, la partie qui intéresse directement la thèse conspirationniste : les chercheurs ont analysé les causes de décès une par une. Cancer, maladies cardiovasculaires, causes externes (accidents, suicides). Dans presque toutes les catégories, les personnes vaccinées mouraient moins. Les décès par cancer : 769 contre 853 par million. Les décès cardiovasculaires : 282 contre 367 par million. Les causes externes : 493 contre 597 par million.

Il n’y a pas de catégorie dans laquelle les vaccinés meurent plus.

Ce résultat est issu des données de santé de l’ensemble de la population française adulte jeune. Ce ne sont pas des simulations. Ce ne sont pas des modèles mathématiques. Ce sont les actes de décès réels, les hospitalisations réelles, les dossiers médicaux réels de 28 millions de personnes suivies pendant quatre ans.

La question du biais, parce qu’elle mérite d’être posée honnêtement

Quelqu’un de rigoureux va soulever une objection, et c’est une bonne objection : les personnes qui se vaccinent ne sont peut-être pas comparables aux personnes qui ne se vaccinent pas. Peut-être que les vaccinés étaient en meilleure santé de départ, ou qu’ils avaient des comportements plus protecteurs. C’est ce qu’on appelle le « healthy vaccinee bias ».

Les auteurs de l’étude EPI-PHARE l’ont anticipé. C’est précisément pour cela qu’ils ont utilisé une pondération par l’inverse du score de propension, incluant 41 comorbidités. En termes simples : ils ont comparé des pommes avec des pommes, pas des pommes avec des oranges. Les non-vaccinés avaient en moyenne 37 ans, les vaccinés 38. La différence d’état de santé initial était contrôlée.

L’étude le reconnaît elle-même : un biais résiduel reste toujours possible dans une étude observationnelle. C’est la limite inhérente à ce type de design. Mais voilà ce que dit la rigueur : pour expliquer entièrement l’écart de 25 % de mortalité toutes causes, il faudrait supposer un biais de sélection considérable et systématique sur quatre ans, dans toutes les catégories de décès simultanément. Cette hypothèse est beaucoup moins économique que la conclusion évidente : les vaccins n’ont pas tué. Ils ont protégé.

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Ce que disent les essais cliniques randomisés

Les essais cliniques randomisés sont le niveau de preuve le plus élevé en médecine. Dans un essai randomisé, on distribue aléatoirement les participants entre le groupe vacciné et le groupe placebo. L’aléatoire élimine par construction les biais de sélection.

Ces essais ont été conduits pour tous les vaccins Covid approuvés, sur des centaines de milliers de personnes. La Cochrane Collaboration, qui est l’organisme de référence mondial pour les revues systématiques de données médicales, a compilé et analysé l’ensemble de ces essais dans une revue publiée en 2022 et mise à jour depuis.

Conclusion sur les événements indésirables graves : il y a probablement peu ou pas de différence entre les vaccins et le placebo pour les effets indésirables sérieux. Une méta-analyse en réseau parue dans BMC Infectious Diseases en 2024, portant sur 25 essais cliniques de phase III et 22 vaccins différents, confirme ce résultat avec une formulation nette : aucun des vaccins n’avait une incidence d’effets indésirables graves supérieure au placebo.

Conclusion sur la mortalité : les essais n’étaient pas dimensionnés pour détecter des différences de mortalité toutes causes (trop rares dans des populations jeunes sur quelques mois), mais le vaccin Janssen a montré une réduction de la mortalité toutes causes de 75 % par rapport au placebo, avec un niveau de preuve élevé selon Cochrane.

L’échelle mondiale : ce que les vaccins ont empêché

En 2022, une étude publiée dans The Lancet Infectious Diseases a estimé l’impact global de la vaccination Covid dans les douze mois suivant son déploiement. Méthodologie : modélisation mathématique à partir de données de 185 pays, comparaison entre la mortalité observée et la mortalité qui aurait été attendue sans vaccination.

Résultat : environ 19,8 millions de décès évités dans la première année.

En France seule, l’estimation était de 631 000 décès évités.

Une étude plus récente, publiée dans Lancet Respiratory Medicine et portant sur la région Europe de l’OMS de décembre 2020 à mars 2023, confirme des ordres de grandeur similaires. Dans les pays à forte couverture vaccinale, la réduction de mortalité est documentée, mesurable et cohérente entre les différentes sources.

La thèse conspirationniste affirme que les vaccins ont causé des morts en masse cachées. Les données globales montrent l’inverse : les pays qui ont vacciné vite et largement ont subi moins de surmortalité que les autres.

Pourquoi la thèse résiste malgré les données

Cette question m’intéresse autant que les données elles-mêmes, parce qu’elle dit quelque chose sur nous.

La thèse conspirationniste n’est pas fondée sur des preuves. Elle est fondée sur une structure narrative. Il y a une menace dissimulée, des institutions corrompues, des victimes silencieuses, et un groupe de gens courageux qui « ont fait leurs recherches ». Cette structure est cognitivement satisfaisante. Elle donne du sens. Elle crée de la communauté. Elle résiste à la réfutation parce que toute réfutation peut être intégrée dans le récit : « bien sûr que les études disent ça, elles sont financées par Big Pharma ».

Ce raisonnement circulaire est imperméable à l’évidence. Et c’est précisément ce qui le distingue d’une hypothèse scientifique.

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Une hypothèse scientifique est falsifiable. Elle dit : « si ceci est vrai, alors on devrait observer cela ». La thèse conspirationniste ne l’est pas, parce que chaque observation contraire devient preuve supplémentaire du complot.

Mais il y a quand même des gens qui se sont posé la question de bonne foi, sans agenda, avec de vraies inquiétudes. Pour eux, la réponse existe. Elle est dans les données de 28 millions de Français sur quatre ans. Elle est dans 25 essais cliniques randomisés. Elle est dans les statistiques de surmortalité comparée entre pays vaccinés et non vaccinés.

Ces données ne disent pas que les vaccins sont parfaits, qu’ils n’ont aucun effet indésirable, ou que toute critique est illégitime. Elles disent quelque chose de beaucoup plus précis : ils ne tuent pas. Au contraire.

Ce qu’il resterait à démontrer pour que la thèse soit vraie

Pour que la thèse d’une surmortalité cachée due aux vaccins soit vraie, il faudrait expliquer plusieurs faits simultanément.

Il faudrait expliquer pourquoi les 28 millions de personnes suivies en France pendant quatre ans montrent l’exact inverse de ce qu’on attend si les vaccins tuent. Il faudrait expliquer pourquoi les 25 essais cliniques randomisés, conduits par des équipes indépendantes dans des pays différents, avec des vaccins différents, n’ont pas détecté de signal de surmortalité. Il faudrait expliquer pourquoi les pays à forte vaccination ont eu moins de surmortalité que les pays à faible vaccination. Il faudrait expliquer pourquoi les pharmacovigilances française, européenne, américaine, norvégienne et australienne sont arrivées aux mêmes conclusions sans se coordonner pour mentir.

La conspiration requise serait d’une ampleur sans précédent dans l’histoire de la médecine. Elle implique des dizaines de milliers de chercheurs, des régulateurs de pays concurrents, des bases de données nationales indépendantes, et quatre ans de données cohérentes.

L’économie du raisonnement dit qu’à un moment, l’hypothèse la plus parcimonieuse n’est plus le mensonge collectif. C’est la réalité.

Une dernière chose

Je ne crois pas que les gens qui ont douté des vaccins soient stupides. Je crois que la pandémie a été une période de déficit massif de confiance institutionnelle, de communication publique défaillante, et d’incertitude scientifique réelle dans les premières semaines. Ce terreau était fertile pour les récits alternatifs.

Mais la science ne s’arrête pas quand la crise se termine. Elle continue à collecter des données. À les analyser. À les publier. À se corriger.

Et là où les récits alternatifs prospèrent dans le flou, la science accumule de la précision.

28 millions de Français. Quatre ans. Moins 25 % de mortalité dans le groupe vacciné.

Voilà ce que le flou ressemble quand on y braque une lumière.

SOURCES

Semenzato L. et al., « COVID-19 mRNA Vaccination and 4-Year All-Cause Mortality Among Adults Aged 18 to 59 Years in France », JAMA Network Open, décembre 2025 (étude EPI-PHARE / ANSM-CNAM, n=28 millions). Watson O.J. et al., « Global impact of the first year of COVID-19 vaccination: a mathematical modelling study », The Lancet Infectious Diseases, juin 2022. Graña C. et al., « Efficacy and safety of COVID-19 vaccines », Cochrane Database of Systematic Reviews, 2022. Méta-analyse en réseau de 25 essais cliniques de phase III, BMC Infectious Diseases, 2024. Faksova K. et al., « COVID-19 vaccines and adverse events of special interest: A multinational GVDN cohort study of 99 million vaccinated individuals », Vaccine, 2024. Lancet Respiratory Medicine, mortalité évitée région Europe OMS, 2024.